Le premier rassemblement des orthodoxes de Suisse a eu lieu à Chambésy

A l’invitation de l’Assemblée des évêques orthodoxes de Suisse, constituée en 2010, un premier rassemblement des orthodoxes de Suisse s’est déroulé le 17 mai 2012 au Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique à Chambésy, aux portes de Genève.

Selon nos estimations, près de 300 fidèles de toutes les juridictions orthodoxes et venus de toutes les régions du pays ont participé au moment fort de cette journée: la Divine Liturgie célébrée dans l’église Saint-Paul par les évêques, entourés d’un nombreux clergé. Trois chœurs (grec, slavon et français) ont accompagné de leurs chants la célébration. De nombreux fidèles orthodoxes ont communié à cette occasion. Des représentants officiels de plusieurs autres communautés chrétiennes étaient venus assister à la célébration.

Un repas a rassemblé ensuite les participants, qui ont également eu l’occasion de visiter le musée du Centre orthodoxe. Outre les collections existantes, celui-ci accueille depuis peu l’exposition organisée durant l’hiver 2011-2012 par la ville de Zurich sur les “Eglises d’Orient” dans cette ville: les panneaux de l’exposition sont illustrés de belles photographies sur la vie des différentes communautés orthodoxes à Zurich.

L’après-midi, les participants encore présents ont rejoint l’église pour y écouter un bref exposé introductif de Jean F. Mayer (responsable du site Orthodoxie.ch) sur l’histoire et la situation actuelle des orthodoxes en Suisse. Cet exposé a été suivi d’une conférence spirituelle du Père Gabriel (Bungé) sur la signification de la vie orthodoxe en Occident.

Un résumé de quatre pages des principales informations contenues dans la présentation de Jean F. Mayer peut être téléchargé au format PDF (291 Ko).

Russie: nouvelles données sur la pratique religieuse

Dans une dépêche du 11 janvier 2012, le service religieux de l’agence de presse Interfax résume les résultats d’un récent sondage effectué par la Public Opinion Foundation en collaboration avec l’institut de sondage Sreda.

Selon les résultats de cette recherche, qui aurait couvert une centaine de localités dans 44 régions et porté sur un échantillon de 1.500 personnes, 15% des croyants orthodoxes en Russie fréquenteraient une paroisse, ce qui semble plutôt supérieur aux données d’autres sources. Bien sûr, tout dépend de l’auto-évaluation des personnes interrogées: dans certains pays, l’on sait que les réponses tendent à surévaluer la propre pratique religieuse. Il est cependant possible que cela corresponde à la réalité d’une pratique occasionnelle. Ce que semble d’ailleurs confirmer la donnée suivante: sur ce total, 1% participeraient activement à la vie paroissiale.

77% des orthodoxes russes n’ont aucune participation à la vie de leur communauté religieuse. Un certain nombre le souhaiteraient, notamment les couples avec deux enfants dans de petites et moyennes localités, mais disent ne pas le pouvoir pour différentes raisons.

Sans surprise, le sondage nous apprend que la pratique religieuse (ou le désir de celle-ci) est plus élevé chez les femmes. En revanche, en contraste avec ce que l’on observe dans des pays occidentaux, les personnes interrogées âgées de plus de 65 ans n’exprimeraient, en moyenne, guère d’intérêt pour une participation à la vie de leur communauté religieuse. L’intérêt est beaucoup plus prononcé dans la classe d’âge entre 55 et 64 ans. Cela reflète sans doute aussi l’héritage des années d’athéisme d’État.

Il faut en tout cas souhaiter la poursuite du développement de recherches sur les évolutions contemporaines de la vie religieuse en Russie ainsi que leurs variations régionales.

Un entretien avec l’Archevêque Damien du Sinaï dans un journal suisse

Dans son édition du 25 décembre 2011, la NZZ am Sonntag, édition dominicale du réputé quotidien zurichois Neue Zürcher Zeitung, a publié un long entretien de Christoph Zürcher avec Mgr Damien, âgé de 76 ans, 121e abbé du Monastère Sainte-Catherine et archevêque du Sinaï, Pharan et Raitho. Quelques extraits traduits de ce texte, publié sur trois pages.

Entré au monastère il y a cinquante ans, Mgr Damien “place la prière au centre de sa vie quotidienne”, note le journaliste. Lors de son entrée au monastère, celui-ci comptait cinq moines: il en accueille aujourd’hui vingt-cinq.

Interrogé sur la crise financière en Grèce, Mgr Damien commente: “Il est clair pour moi qu’il ne s’agit pas d’une crise financière, mais d’une crise spirituelle. Le matérialisme a toujours existé. L’argent a toujours été important. Mais aujourd’hui, le matérialisme n’est plus simplement toléré comme une faiblesse humaine. Posséder beaucoup de choses et accumuler des richesses sont devenus des idéaux.” Cependant, “comme toute crise, celle-ci offre aussi une chance de retrouver le droit chemin.”

Face aux événements de la région, le monastère existera-t-il encore dans 1700 ans? “Dieu seul le sait. Il y aura toujours des chrétiens. Mais si Dieu veut que nous mourions comme martyrs, nous mourrons comme des martyrs.” Mgr Damien rappelle que, deux fois au cours de son histoire, tous les habitants du monastère ont été exterminés: “Mais l’esprit du lieu était plus fort, et le monastère a chaque fois continué de vivre.”

Pourquoi devient-on moine? Si les motifs sont divers, “fondamentalement le monachisme est une idée universelle, que l’on connaît depuis des millénaires dans presque toutes les cultures et religions. A sa base se trouve la notion que le monde véritable n’est pas celui que nous appréhendons par nos sens, mais celui dont nous faisons l’expérience en esprit, dans nos sentiments et notre conscience.” C’est dans le silence et le vide que des hommes de toutes les religions ont cherché la vérité. Et de rappeler la parole de saint Antoine: “Laisse ton cœur s’apaiser. Dieu te parlera alors.” Certes, il est possible de trouver partout la paix: mais se retirer aide beaucoup de personnes.

Quelle est la plus importante vertu d’un chrétien? “L’amour.” Quelles sont les plus importantes vertus d’un moine? “Le contrôle de soi, l’obéissance et l’humilité.”

Interrogé sur le meilleur conseil à donner pour trouver Dieu: “En s’ouvrant. L’homme n’obtient que ce qu’il veut obtenir. Il ne trouve que ce qu’il veut trouver. La prière est le meilleur exercice pour entrer en contact avec Dieu.” Celle-ci est très simple: “On se présente, on reconnaît Dieu et on s’en remet à lui.” La prière est la mise en œuvre d’une attitude “qui place avec pleine confiance sa propre existence dans les mains de Dieu. Celui qui remet sa vie à Dieu, Il le portera.”

Et quand on est entré en contact avec Dieu, comment parle-t-Il? “Dieu ne parle pas, Il guide.”

Qu’est-ce qui différencie le christianisme des autres religions? “L’amour. Aucune autre religion ne place autant l’amour au centre de son message de salut. Pour les chrétiens, l’amour vainc tout.”

Interrogé sur le message que nous transmet l’histoire de Moïse recevant les Dix Commandements au Sinaï, Mgr Damien rappelle que Nietzsche avait déclaré: “Deviens ce que tu es.” Or, les Dix Commandements demandent le contraire: “Ils veulent que l’homme s’élève au dessus de sa nature et de ses conditions et contraintes sociales. Ils lui disent: ‘Deviens ce que tu pourrais être!’ L’amour, inconditionnellement. Fais de toi le meilleur!”

Les convertis dans les Églises orthodoxes

La lecture du Messager Orthodoxe (ACER, 91 rue Olivier de Serres, 75015 Paris) ne manque jamais d’intérêt. Cela fait deux ou trois mois déjà que nous avons reçu le N° 150 (I-2010/2011), dans lequel nous avons trouvé un petit article signé par Jean-Marc Joubert, sur “La condition du converti orthodoxe”. Sujet digne d’attention: les convertis ne forment certes qu’un petit nombre de la population orthodoxe, mais leur rôle dans les pays occidentaux n’est pas négligeable, ne serait-ce que par la proportion de ceux que l’on trouve dans les rangs du clergé, par exemple en France.

Bien sûr, pour celui qui découvre l’Orthodoxie et y adhère, l’émerveillement et l’enthousiasme sont grands. Parfois, le converti soucieux de s’intégrer complètement dans son nouvel environnement religieux croit devoir embrasser jusqu’à l’excès “tous les sentiments et les intérêts des peuples orthodoxes”, relève Jean-Marc Joubert en évoquant sa propre expérience. De même, tentation de cultiver une “super-Orthodoxie” n’est pas absente des cercles de convertis.

Ensuite, dans la durée, l’on peut assister à des scénarios variés. D’autant plus que les convertis se trouvent confrontés aux réalités d’Églises issues de migrations et associées à des identités nationales — de façon d’ailleurs parfois encore plus affirmée depuis la chute des régimes communistes. (Cela n’empêche pas les convertis d’être bien reçus, dans la plupart des cas.) ”À la longue, l’expression des nationalismes religieux lasse”: l’idéal de la création de véritables Églises locales finit par ressembler à une sorte de mirage qui s’éloigne toujours plus, malgré les déclarations de principe. L’on peut s’en indigner, observe jean-Marc Joubert: “Mais l’Histoire non sainte de la sainte Eglise devrait permettre de relativiser les choses.” Les quelques réflexions qu’il partage, à partir de son itinéraire, rappelleront tant aux orthodoxes convertis qu’aux orthodoxes “de souche” dans des paroisses occidentales bien des choses vues et vécues…

Un colloque en 2012 à Moscou sur la vie religieuse durant la période soviétique

“La religion vécue en URSS: survie et résistance sous un régime de sécularisation forcée”: tel sera le thème d’un colloque qui se tiendra à Moscou du 16 au 18 février 2012. Organisé à l’initiative de plusieurs chercheurs (Nikolai Shaburov, Nadezhda Beliakova, Ludmila Zhukova, Peter Chistiakov, Ksenia Sergazina, Nikolai Mitrokhin et Alexander Agadjanian), ce colloque est patronné par des instituts universitaires en Russie et en Europe occidentale (dont le Centre d’études franco-russe de Moscou).

Grâce à l’ouverture des archives, de nombreuses recherches ont pu être conduites ces vingt dernières années sur la politique religieuse du système soviétique. Moins de travaux ont été entrepris sur la “religion vécue”, au quotidien, et les conséquences de la situation sur les comportements religieux ainsi que sur les pratiques individuelles et collectives au sein des différents groupes religieux.

Pour plus d’informations sur ce colloque: Religion. USSR@gmail.com; ou par téléphone: Centre pour l’étude des religions, RGGU: 7-499-2506340. Les chercheurs désireux de proposer une communication doivent le faire avant le 15 octobre 2011.

Un site sur l’Orthodoxie de rite occidental

Lancé ce mois même, le site (en anglais) WesternOrthodox.info se propose, comme son nom l’indique, de mettre à disposition des informations sur les développements de la pratique du rite occidental dans l’Eglise orthodoxe. Comme on le sait, des efforts récents dans ce sens se manifestent surtout aux Etats-Unis: outre le Vicariat de rite occidental dans la juridiction antiochienne, des activités sont en train de prendre aussi leur essor dans le cadre de l’Eglise orthodoxe russe hors-frontières, sous l’impulsion de son primat, le Métropolite Hilarion, et de l’évêque Jérôme de Manhattan.

Le nouveau site offre notamment un utile répertoire des sites consacrés à l’Orthodoxie de rite occidental. Il dresse également une liste des paroisses, groupes et communautés monastiques pratiquant le rite occidental (ou bi-ritualistes) dans le cadre des juridictions orthodoxes canoniques. Cette liste est probablement la plus complète à ce jour.

WesternOrthodox.info se propose de publier également des nouvelles importantes. Il annonce ainsi qu’une première rencontre des différents groupes canoniques de rite occidental se tiendra aux Etats-Unis au mois d’octobre.

Une brève biographie en ligne du premier prêtre orthodoxe japonais

Bien des gens l’ignorent, mais l’Eglise orthodoxe a eu et mène toujours des activités missionnaires. C’est ainsi qu’existent depuis le 19e siècle des communautés orthodoxes au Japon.

Sur le site Orthodoxologie, qui propose des textes spirituels et documents d’information de qualité, a été mise en ligne aujourd’hui une brève biographie du Père Paul Sawabe (1833-1913), “le premier Japonais à embrasser le christianisme orthodoxe”. Cette conversion se produisit dans des circonstances peu communes, puisqu’il appartenait à des groupes opposés à la présence des étrangers au Japon, dont la (ré)ouverture au monde extérieur était encore récente. En 1865, voulut s’en prendre violemment au missionnaire russe qui allait devenir l’apôtre du Japon, saint Nicolas (Kasatkine) (1836-1912), mais il accepta d’écouter d’abord le hiéromoine et fut touché par son message.

Pour lire cette biographie sur le site Orthodoxologie, veuillez cliquer ici. Et profitez-en pour découvrir ce site si vous ne le connaissez pas encore.

Réunion de la Commission interorthodoxe préparatoire à Chambésy

Depuis des années, des réunions de responsables des Eglises orthodoxes se déroulent dans le cadre d’un processus engagé de longue date déjà, le projet d’un “Saint et Grand Concile de l’Eglise Orthodoxe”.

Le secrétariat pour la préparation de celui-ci nous adresse le communiqué suivant, daté du 20 février:

Au cours de leur Sommet tenu au Phanar en 2008 à l’invitation de Sa Sainteté le Patriarche oecuménique Bartholomaios, comme il est bien connu, les Primats des très saintes Églises orthodoxes ont accepté la proposition du Patriarche oecuménique «de convoquer en 2009 des conférences panorthodoxes sur ce sujet et sur la poursuite de la procédure préparatoire au saint et grand concile». Ainsi, après la IVe Conférence panorthodoxe préconciliaire, réunie à Chambésy (Genève), en juin 2009, la Commission interorthodoxe préparatoire se réunit à Chambésy de nouveau du 21 au 26 février 2011, sous la présidence du représentant du Patriarcat oecuménique, Son Éminence le métropolite Jean de Pergame, pour examiner les points restants ouverts de l’autocéphalie et la manière de la proclamer, ainsi que des Diptyques dans l’Église Orthodoxe.


Photographie: Prêtre Alexandre Sadkowski